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jeudi 21 août 2008

Plan séquence steadicam:

Voici un nouveau sujet ancré dans le réel puisque c'est le problème qui m'est posé actuellement pour un court métrage qui doit se tourner fin septembre.
L'idée (et la demande du réalisateur) est de commencer le plan en hauteur (15 à 20 mètres), de descendre jusqu'au sol pour découvrir un bâtiment blanc. On suit une infirmière qui se rend à son travail. Elle entre dans l'hôpital (le hall), le traverse en croisant de nombreuses personnes, entre dans un couloir, se rend au fond et pénètre dans un vestiaire. On recule en suivant d'autres personnes jusqu'à une porte située au début du couloir. On tourne autour de ces personnes (180°) pour récupérer l'infirmière qui s'est changée. Elle retourne dans le hall (donc on voit l'autre côté par rapport à l'entrée) puis effectue un demi tour pour gravir les escaliers qui mènent au premier étage. Les escaliers effectuent un demi tour (encore !) puis l'infirmière tourne sur sa droite, un fois arrivée sur le palier, pour entrer dans un couloir au bout duquel elle ouvre la porte d'une chambre. Cut.
Oui, je sais, ça picote. Comme on voit tout le hall, il va être difficile de cacher des projecteurs. Et depuis l'extérieur, ça va être compliqué vu qu'au début, le steadicam suit l'infirmière au début et risque donc de faire une ombre sur l'actrice lors de l'entrée dans le bâtiment.
Attendez, c'est pas fini ! Ca se tourne en 35mm, avec la profondeur de champ qui va avec. Or le réalisateur (Michaël Baracoas) aimerai que l'infirmière et l'arrière plan soient nets. Ce qui signifie... Un diaph de au moins 5,6 voire 8 ! Pour celles et ceux qui connaissent, je vous laisse imaginer. Pour les autres, des cours à venir vous permettront de saisir l'ampleur du challenge.
Voici une série de clichés pris lors des repérages qui vous donnent une idée du plan à réaliser:


















Voilà pour le moment. Très prochainement, les premiers éléments des pistes que je compte suivre pour mettre en images ce plan.

mercredi 16 juillet 2008

Les repérages

Je sais, je ne procède pas tout à fait dans l'ordre, mais comme je suis en plein dedans, j'en profite.
Les repérages (visite des décors) sont une étape importante et essentielle dans le travail de préparation du chef opérateur.
Je sais que la visite des décors est importante dans mon travail de recherche. Avec le scénario en tête, je laisse les lieux "me parler" (non, n'appelez les secours tout de suite) parce que la lumière les éclaire d'une façon qui peut les rendre attrayants naturellement.
Et il ne faut pas oublier que si le réalisateur a choisi cet endroit, c'est pour une bonne raison: il raconte naturellement quelque chose pour lui. Il est important de capter cet élément qui l'a accroché, pour le comprendre et l'amplifier.
Comme une bonne image vaut mieux qu'un long discours, voici deux exemples: A chaque fois, je confronte le cliché de repérages avec celui pris au moment du tournage:



Voici un premier exemple: la scène se passe dans la baignoire. Le lieu, lors des repérages, n'est éclairé que par la lumière qui passe par l'oeil de boeuf. Cette lucarne est orientée nord, ce qui signifie que ce qui entre n'est jamais directif. La scène traite d'une personne dépressive et qui va tenter de se suicider. Je vais donc garder le côté froid (bleu).
En plaçant un projecteur HMI (lumière du jour) à l'extérieur qui "tape" sur la baignoire, je sais que celle-ci va se réfléchir sur l'émail de la baignoire et éclairer le reste de la pièce ET la personne qui s'y trouvera. Comme le film est sombre, je n'utiliserai pas de lumière à l'intérieur pour éclairer les zones d'ombre.
Comme on le voit sur le second cliché, cela suffit. Un test avec Sarah Lermoyer, ma chef électrote, confirme mon choix.


Voici un autre exemple:




La scène traite d'un personnage qui se suicide devant son miroir (promis, je parlerai des comédies dès que possible). Si la réalisatrice a choisi cet endroit, c'est pour une bonne raison. La photo de repérages me donne une bonne idée de la façon d'aborder ce décor. La baie vitrée à gauche justifie l'entrée de lumière. Les deux vitres en face me donnent un niveau et la justification du débouchage (éclairage des zones d'ombre pour obtenir du détail plutôt que du noir). Un 2,5kW HMI cinépar derrière la baie vitrée me donne une direction de lumière et le niveau suffisant pour bien exposer. Pour les gros plans, un réflecteur plaqué à droite du miroir, et renvoyant sur le comédien la lumière issue du projecteur sera suffisante. Ainsi, je ne dénature pas l'ambiance du lieu qui a plu, de façon inconsciente, à la réalisatrice lors des repérages.

Tout ça pour dire qu'il faut passer un peu de temps sur les différents lieux de tournage lors des repérages pour comprendre ce qui a arrêté le choix d'un(e) réalisateur(trice) pour tenter de restituer cela lors du tournage.
Il ne faut jamais hésiter, si le choix ne vous apparait pas évident, à lui poser la question.